25 mars 2026
Mardi 24 mars 2026, la menuiserie Haller, implantée à Bitche, a ouvert ses portes à une visite officielle marquée par la présence du sous-préfet de Sarreguemines, Wassim Kamel, ainsi que de la maire de la commune, Sophie Pastor. Une immersion au cœur d’une entreprise familiale qui incarne, depuis près de 80 ans, le savoir-faire artisanal du territoire.


Dans les ateliers, l’ambiance est studieuse. Bois, outils et structures en cours de fabrication témoignent d’une activité bien réelle. À la tête de l’entreprise, François Haller dresse un constat mesuré : l’activité se maintient, sans pour autant connaître une dynamique d’expansion. « L’entreprise se porte relativement bien », confie-t-il, en évoquant un équilibre entre commandes publiques, notamment liées à l’armée, et chantiers privés.
Aujourd’hui, la structure fonctionne avec une équipe de quatre salariés, répartis entre atelier et terrain. Un choix assumé par le dirigeant, qui privilégie la stabilité dans un contexte économique incertain. « Il n’y a pas suffisamment de volume pour agrandir l’équipe », explique-t-il.
Sur le terrain, les attentes évoluent. Les projets de construction neuve se font plus rares, laissant place à des travaux de rénovation, d’extension ou d’aménagement. Une tendance renforcée par la hausse des coûts de construction, qui pousse de nombreux particuliers à revoir leurs projets. L’entreprise répond également à des appels d’offres, sans garantie de réussite. « C’est une loterie », résume le chef d’entreprise, illustrant une réalité bien connue du secteur.
Face à ces constats, la visite du sous-préfet a permis d’ouvrir un temps d’échange direct avec le dirigeant. Pour Wassim Kamel, représentant de l’État, cette rencontre s’inscrit dans une volonté d’être au plus près des acteurs économiques locaux. « Le but de ces déplacements est d’écouter les entreprises, de comprendre leurs difficultés et d’identifier des solutions », a-t-il expliqué.


Il a notamment souligné la solidité du modèle de la menuiserie Haller, dont une partie de l’activité repose sur des marchés publics, notamment en lien avec l’armée. « Cette entreprise produit de l’excellence depuis des décennies. Elle incarne un savoir-faire précieux, fondé sur la transmission des gestes et des traditions artisanales », a-t-il déclaré.
Le sous-préfet a également insisté sur l’importance stratégique de la filière bois dans le secteur du Pays de Bitche. À proximité du massif vosgien, ce territoire dispose d’un environnement favorable au développement de cette activité. « Il y a ici un véritable potentiel. La filière bois peut permettre à des jeunes de se former, de travailler et de construire un avenir professionnel sur le territoire », a-t-il ajouté, évoquant notamment les initiatives en matière d’apprentissage.


Un enjeu de taille, alors que ces métiers peinent encore à attirer. Travail exigeant, image parfois dévalorisée : l’artisanat du bâtiment doit aujourd’hui se réinventer pour séduire une nouvelle génération. Pour François Haller, la clé réside dans la valorisation du métier. « C’est un travail de main, un travail d’artisan », rappelle-t-il, attaché à une certaine idée de la qualité et du geste.
À l’approche de ses 80 ans, l’entreprise ne cherche pas à changer de cap, mais à poursuivre son activité dans la continuité. Maintenir un savoir-faire, conserver une taille humaine et rester ancrée localement : autant de choix assumés dans un contexte marqué par les incertitudes économiques.
Dans le Pays de Bitche, la menuiserie Haller apparaît ainsi comme un exemple discret mais solide d’un artisanat qui s’adapte sans renier ses fondements.

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