Rentrée étudiante : une réforme des APL pourrait changer la donne pour des milliers de jeunes

À quelques semaines de la rentrée universitaire, une proposition contenue dans un récent rapport gouvernemental fait déjà réagir. Elle concerne directement les aides au logement perçues par les étudiants.

Les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) proposent notamment de prendre en compte les revenus des parents dans le calcul des aides au logement pour certains étudiants. Une évolution qui pourrait réduire, voire supprimer, les APL pour une partie importante des bénéficiaires.

Jusqu’à 200 000 étudiants pourraient perdre leur aide

Aujourd’hui, les revenus des parents ne sont pas intégrés dans le calcul des aides au logement des étudiants, même lorsque ceux-ci sont encore rattachés au foyer fiscal familial.

Le rapport estime que l'introduction des ressources parentales pourrait entraîner une diminution des APL pour environ 310 000 foyers, soit 44 % des étudiants concernés par le dispositif dans le scénario étudié.

Parmi eux, 200 000 foyers pourraient perdre totalement le bénéfice de l'aide au logement.

Le rapport rappelle également qu'en 2021, environ 700 000 foyers comptaient au moins un étudiant bénéficiaire d'une aide au logement, pour une aide moyenne d'environ 200 euros par mois et un coût total estimé à 1,65 milliard d'euros.

Une mesure présentée comme une piste d'économies

Derrière cette proposition se trouve également un objectif budgétaire. Selon le rapport, une telle réforme permettrait à l'État de réaliser environ 550 millions d'euros d'économies.

Les auteurs du document estiment que le système actuel bénéficie également à des étudiants issus de familles disposant de revenus relativement élevés. Ils proposent donc de renforcer le ciblage des aides afin de les concentrer davantage sur les étudiants considérés comme les plus modestes.

Il faut toutefois le rappeler : il s'agit à ce stade d'une recommandation formulée dans un rapport, et non d'une suppression déjà décidée des APL pour les étudiants.

Des organisations étudiantes montent au créneau

La proposition intervient alors que la question du coût des études et du logement reste particulièrement sensible à l'approche de la rentrée.

Plusieurs organisations étudiantes contestent déjà cette piste. Elles redoutent qu'une diminution des aides rende l'accès au logement encore plus difficile pour certains jeunes et compromette leur autonomie financière.

L'Unef dénonce notamment une mesure qui constituerait, selon elle, un obstacle supplémentaire à l'accès au logement et à l'indépendance des étudiants. L'Union étudiante estime pour sa part que le dispositif actuel permet notamment à certains jeunes de conserver une autonomie vis-à-vis de leur famille.

Un sujet qui pourrait peser sur la rentrée

Pour les étudiants qui s'apprêtent à chercher un logement, à signer leur bail ou à préparer leur budget pour l'année universitaire, la question est loin d'être secondaire.

Entre loyer, transport, alimentation, frais de scolarité et dépenses du quotidien, quelques centaines d'euros d'aide au logement peuvent représenter une différence importante dans un budget étudiant.

Pour l'instant, aucune modification générale des APL étudiantes n'est donc actée sur la base de cette seule proposition. Mais le sujet pourrait revenir dans les discussions autour du budget 2027, alors que la rentrée universitaire approche.

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