Carburants : prix records, aides et taxes… quelles solutions pour faire baisser la facture ?


22 septembre 2026

Les prix à la pompe atteignent de nouveaux sommets en France. Face à cette situation, le gouvernement cherche des réponses alors que certaines stations rencontrent également des difficultés d’approvisionnement. Plusieurs pistes sont sur la table, de nouvelles aides ciblées à une éventuelle intervention sur les taxes ou les certificats d’économie d’énergie.

Des prix qui atteignent des niveaux records

Le gazole tourne désormais autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France. L’essence dépasse elle aussi les deux euros le litre. Cette envolée intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué notamment par les perturbations autour du détroit d’Ormuz et les tensions sur le raffinage.

La hausse se ressent également dans les stations-service. Au 21 septembre, environ 15,6 % des stations françaisessignalaient une rupture sur au moins un carburant. Ces difficultés d’approvisionnement ne signifient toutefois pas qu’une pénurie nationale est officiellement annoncée.

Le gouvernement affirme par ailleurs travailler à sécuriser les approvisionnements et à maintenir la production des raffineries.

Le gouvernement réunit les acteurs à Matignon

Face à la poursuite de la hausse, une réunion consacrée aux carburants est organisée ce lundi 21 septembre à Matignon. L’objectif est notamment d’étudier de nouvelles mesures pour les Français particulièrement touchés par l'augmentation des prix. Plusieurs solutions sont évoquées, sans qu'une baisse générale des taxes ait été annoncée à ce stade.

Parmi les dispositifs déjà en place figure l’aide destinée aux travailleurs dits « grands rouleurs ». Elle représente actuellement 100 euros, pour les personnes remplissant les conditions fixées par le gouvernement. Le dispositif est accessible jusqu’au 30 septembre 2026.

Des soutiens spécifiques sont également maintenus pour certains secteurs particulièrement exposés, notamment les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP.

Baisser les taxes : une solution envisagée, mais coûteuse

Une autre piste consiste à agir directement sur la fiscalité du carburant.

Le prix payé à la pompe comprend plusieurs éléments : le coût du pétrole et du raffinage, le transport et la distribution, mais aussi différentes taxes. Une baisse de la TVA ou de certaines taxes permettrait donc, en théorie, de réduire directement le montant payé par l’automobiliste.

Mais une telle mesure aurait également un coût important pour les finances publiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement privilégie pour l’instant des dispositifs ciblés plutôt qu’une baisse générale de la fiscalité.

Les CEE au cœur des discussions

Les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont également revenus dans le débat.

Ce mécanisme oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions permettant de réduire la consommation d’énergie. Les CEE contribuent notamment au financement de dispositifs liés à la rénovation énergétique et à la transition énergétique.

Certains proposent de suspendre temporairement la contribution liée aux CEE sur les carburants afin de réduire le prix payé à la pompe. Mais cette mesure aurait une conséquence : une partie des dispositifs actuellement financés grâce aux CEE devrait alors trouver une autre source de financement.

Le gouvernement n’a, à ce stade, pas annoncé de suspension de ce dispositif. Interrogée sur cette possibilité, la porte-parole du gouvernement a indiqué que les mesures à l’étude ne faisaient pas l’objet d’annonces supplémentaires pour le moment.

Une situation qui reste très dépendante du marché mondial

Même une intervention sur les taxes ne permettrait pas de supprimer la totalité de la hausse. Le prix du carburant reste fortement lié au cours du pétrole, aux conditions de raffinage et à la situation géopolitique internationale.

Le gouvernement a d’ailleurs indiqué travailler également sur la sécurisation des approvisionnements et sur les capacités de production des raffineries françaises. Des aménagements ont notamment été décidés pour permettre d’augmenter la production ou de décaler certaines opérations de maintenance.

Pour les automobilistes, la question reste donc entière : comment faire baisser rapidement la facture sans fragiliser davantage les finances publiques ni supprimer les dispositifs financés par les mécanismes actuels ?

Pour l’instant, plusieurs pistes sont étudiées, mais aucune baisse générale et immédiate du prix à la pompe n’a été décidée.

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