08 octobre 2026
La flambée des prix du carburant continue de mettre sous pression les entreprises de transport routier. En Moselle, la profession alerte sur des trésoreries de plus en plus fragiles, alors que de nouvelles charges se profilent dans le Grand Est.
Philippe Da Soler, administrateur de la FNTR Grand Est et président de la FNTR Moselle, témoigne de l’ampleur des difficultés rencontrées par les entreprises. À la tête d’une société disposant d’environ 70 véhicules, il estime que la hausse du carburant représente près de 240 000 euros de trésorerie supplémentaire à avancer sur deux mois. Une situation qui peut rapidement devenir difficile pour les entreprises disposant de moins de réserves.
Des coûts difficiles à répercuter
Pour les transporteurs, la hausse du gazole ne peut pas être absorbée durablement par les entreprises. Leurs marges étant limitées, ils cherchent à répercuter ces augmentations auprès de leurs donneurs d'ordre.
Mais cette répercussion peut également avoir des conséquences en chaîne. Les industriels et autres clients des transporteurs peuvent à leur tour être amenés à intégrer ces coûts supplémentaires dans leurs propres prix.
La FNTR estime ainsi que la situation économique du transport routier s'est fortement dégradée. Fin septembre, l'organisation demandait notamment une meilleure indexation des coûts énergétiques, des contrôles renforcés et la prolongation des dispositifs d'aide.
L'écocontribution dans le viseur
À cette pression sur le carburant s'ajoute l'arrivée annoncée de l'écocontribution poids lourds dans le Grand Est. La FNTR demande actuellement la suspension de ce dispositif, estimant que le contexte économique n'est pas favorable à l'ajout de nouvelles charges pour les entreprises.
La fédération appelle d'ailleurs les professionnels à se mobiliser le 15 octobre à Strasbourg contre le projet d'écocontribution et le R-Pass alsacien.
Pour Philippe Da Soler, la question centrale reste celle de la capacité des transporteurs à répercuter ces nouvelles dépenses sur leurs clients. Sans mécanisme suffisamment efficace, les entreprises pourraient devoir avancer des sommes importantes sans garantie de pouvoir les récupérer.
Une transition écologique encore coûteuse
La profession doit parallèlement poursuivre sa transformation vers des véhicules moins polluants. Or, selon les chiffres avancés par Philippe Da Soler, l'investissement reste particulièrement lourd : environ 110 000 euros pour un camion thermique contre 280 000 euros pour un modèle électrique.
À cela s'ajoutent les infrastructures nécessaires à la recharge. Pour une flotte d'une douzaine de véhicules électriques, le coût des bornes et du transformateur peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros.
Pour les transporteurs, cette équation devient donc particulièrement complexe : absorber la hausse du carburant, faire face à de nouvelles contributions et investir dans la transition énergétique alors que les marges sont déjà sous tension.
Un secteur au cœur de l'économie
La FNTR rappelle que le transport routier joue un rôle essentiel dans l'approvisionnement des entreprises et des territoires. Selon la fédération, 88 % des biens sont transportés par la route en France.
Dans ce contexte, les représentants du secteur demandent des mesures permettant aux entreprises de faire face à la hausse des coûts sans compromettre leur activité.
En Moselle comme dans le reste du Grand Est, les prochains jours pourraient donc être importants pour la profession. Entre la crise du carburant et la contestation des nouvelles contributions, les transporteurs attendent désormais des réponses concrètes des pouvoirs publics.




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