Après le fisc, l’Éducation nationale visée : une nouvelle fuite de données revendiquée par ZeroBytes


19 août 2026

Quelques jours après le piratage confirmé de l’administration fiscale, la cybersécurité de l’État se retrouve de nouveau sous pression. Le groupe ZeroBytes, déjà associé à l’attaque contre la Direction générale des finances publiques (DGFiP), affirme avoir compromis plusieurs systèmes de l’Éducation nationale et avoir dérobé une importante quantité de données.

Une revendication qui reste, à ce stade, à prendre avec précaution : le ministère de l’Éducation nationale n’a pas confirmé l’ampleur de cette nouvelle fuite. Des spécialistes ont toutefois examiné certains échantillons attribués aux données revendiquées.

43 Go de données revendiqués

Selon ZeroBytes, près de 43 gigaoctets de données, répartis dans environ 2 500 à 2 600 fichiers, auraient été extraits de différents systèmes informatiques du ministère.

Le groupe évoque également 346 millions de lignes de données brutes. Ce chiffre ne correspond pas à 346 millions de personnes : les fichiers ne seraient pas dédoublonnés et une même personne peut apparaître plusieurs fois.

Après avoir recoupé ses fichiers, ZeroBytes affirme avoir identifié environ 1,22 million d’élèves distincts, ainsi que 4,35 millions d’identifiants de personnels et environ 602 000 comptes académiques. Ces chiffres restent ceux avancés par les pirates et ne constituent pas, à ce stade, un bilan officiel des victimes.

Des données scolaires et administratives potentiellement exposées

Les informations revendiquées seraient particulièrement sensibles.

Elles concerneraient notamment des données liées à la scolarité d’élèves : identité, identifiant national élève, date de naissance, coordonnées, responsables légaux, inscriptions, absences, résultats, orientation ou encore suivi de certains dispositifs éducatifs.

Du côté des personnels, les données évoquées concerneraient notamment des informations d’identité, des coordonnées professionnelles, des matricules, des qualifications, des formations ou encore des éléments liés au parcours administratif.

La revendication fait également état d'annuaires informatiques contenant des centaines de milliers de comptes.

Si l’ensemble de ces éléments était confirmé, une telle fuite représenterait un risque important d’hameçonnage ciblé, d’usurpation d’identité ou de nouvelles tentatives d’intrusion.

Un point commun avec le piratage du fisc

Cette nouvelle affaire présente une particularité : le groupe qui la revendique est le même que celui cité dans le piratage de la DGFiP.

Dans l'affaire du fisc, l'administration avait confirmé le vol de données concernant au moins 678 000 particuliers et professionnels. L'affaire avait également conduit le Premier ministre Sébastien Lecornu à réunir une cellule interministérielle de crise le 17 août. Une enquête judiciaire a été ouverte et l'ANSSI doit notamment participer aux travaux de sécurisation des systèmes concernés.

ZeroBytes a par ailleurs affirmé avoir vendu une partie des données fiscales dérobées. Cette affirmation n'a pas pu être vérifiée indépendamment.

L’Éducation nationale déjà confrontée à plusieurs incidents

La nouvelle revendication intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le ministère.

L’Éducation nationale a déjà confirmé plusieurs incidents de cybersécurité en 2026. En avril, une cyberattaque avait notamment entraîné la fuite de données personnelles concernant des élèves. Le ministère avait également annoncé en juillet une intrusion frauduleuse dans un système dédié à la formation des personnels, avec une possible exfiltration de données concernant un nombre important d'agents.

Cette nouvelle revendication est donc scrutée avec attention, d'autant que la rentrée scolaire approche.

Une question de confiance dans les systèmes publics

À quelques jours de la rentrée, l'affaire soulève une nouvelle fois la question de la protection des données détenues par les administrations.

Les bases de l'État regroupent des informations personnelles considérables : données fiscales, coordonnées, informations professionnelles ou encore dossiers scolaires. Leur protection constitue donc un enjeu qui dépasse largement la seule question informatique.

Crédit Photo Markus Spiske

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