Implantée à Bitche, au cœur d’un territoire rural stratégique entre Moselle et Bas-Rhin, la Cuisine du Pays de Bitche (CPDB) incarne une réussite entrepreneuriale locale fondée sur la rigueur, l’investissement et une vision industrielle de la restauration collective.
Créée il y a 13 ans par Claude Lang et son épouse, cette structure familiale s’est progressivement imposée comme un acteur incontournable de la restauration périscolaire dans le Grand Est. Initialement installée à l’hôtel d’entreprises de la Communauté de communes du Pays de Bitche, où elle a développé son activité pendant près de dix ans, la structure a franchi un cap décisif en s’implantant, depuis septembre dernier, sur un nouveau site moderne à proximité des sapeurs-pompiers de Bitche.
Ce déménagement s’inscrit dans une stratégie de développement soutenue par un investissement global de près de 3 millions d’euros, dont 1,6 million pour le nouveau site, permettant de multiplier par quatre la surface de production.
La cuisine centrale s’étend désormais sur 500 m², avec des installations répondant aux exigences les plus strictes en matière sanitaire.
L’organisation repose sur :
une séparation rigoureuse des flux (zones propres et sales)
une production en flux tendu
des équipements de refroidissement rapide garantissant la sécurité alimentaire
L’ensemble de la chaîne est parfaitement maîtrisé : chaque ingrédient est pesé avec précision, les températures sont contrôlées en continu, et les process respectent les normes européennes les plus exigeantes.
La CPDB dispose d’un agrément européen, un niveau d’exigence rare dans ce secteur, lui permettant théoriquement de livrer bien au-delà du territoire local. Elle prend également en compte les 14 allergènes majeurs, garantissant la sécurité et la tranquillité des enfants et collectivités desservis.
Les chiffres illustrent la montée en puissance de l’entreprise :
7 500 repas mensuels à sa création
82 000 repas mensuels aujourd’hui
18 000 repas par semaine
4 500 repas produits chaque jour
Capacité maximale autorisée : 6 000 repas/jour
L’activité se concentre exclusivement sur le périscolaire, avec la livraison de près de 120 sites (écoles, structures d’accueil, collectivités).
La répartition géographique témoigne de son ancrage régional :
58 % des repas livrés dans le Bas-Rhin
42 % en Moselle
La CPDB évolue dans un secteur particulièrement contraint, avec un coût moyen par repas compris entre 4,20 € et 5,20 €, incluant production, logistique et exigences nutritionnelles.
« C’est une activité au centime près », souligne le dirigeant.
« Quand le carburant augmente ou que les matières premières évoluent, nous devons absorber sans répercuter sur le client. »
La hausse récente du carburant illustre cette tension :
Budget prévu : 4 800 €
Dépense réelle : 5 400 €
Impact estimé : 25 000 € sur l’année
Malgré cela, l’entreprise maintient sa compétitivité grâce à l’augmentation des volumes et à une gestion fine de ses coûts.
Fidèle à son ADN, la CPDB privilégie les fournisseurs locaux et les circuits courts dès que les volumes le permettent. Elle collabore avec des producteurs régionaux et s’inscrit dans les objectifs de la loi EGalim.
Cependant, le dirigeant reste pragmatique : « Un producteur local peut répondre ponctuellement, mais pas toujours aux volumes nécessaires. Nous devons trouver un équilibre entre local et continuité d’approvisionnement. »
L’entreprise se distingue également par :
l’utilisation de contenants biodégradables
la limitation des déchets
l’optimisation des flux logistiques
La CPDB emploie aujourd’hui 25 personnes, réparties entre production, logistique et fonctions supports :
14 salariés en CDI à temps plein
3 salariés à temps partiel (retraités)
4 auto-entrepreneurs pour la livraison
Aucun salarié n’habite à plus de 10 km du site, renforçant l’ancrage local et la réactivité des équipes. Les chauffeurs, souvent expérimentés, assurent des tournées optimisées sur l’ensemble du territoire. L’entreprise revendique une forte stabilité de ses équipes et une culture interne basée sur la polyvalence.
Fait notable : 25 % du résultat net est redistribué aux salariés, de manière équitable.
La visite officielle du site a réuni plusieurs représentants de l’État et élus locaux, dont la maire de la commune, Sophie Pastor, venue saluer le développement de cette entreprise emblématique du territoire.
Présent également, le sous-préfet Wassim Kamel a souligné une réussite exemplaire :
« C’est une entreprise qui incarne parfaitement le dynamisme du territoire. Elle a su passer de 7 500 à 82 000 repas mensuels, tout en restant rentable et en créant de l’emploi local. »
Il a rappelé le rôle de l’État dans son développement :
prêts garantis pendant la période Covid
accompagnement réglementaire
suivi des normes sanitaires
« Notre rôle est d’aider ces entreprises à se développer et à continuer à créer de la richesse sur le territoire. »
Pour le dirigeant, l’ambition est claire : démontrer qu’un modèle performant peut émerger en zone rurale.
« Mon objectif était de prouver qu’on peut faire ici ce qui se fait à Strasbourg ou à Metz. Aujourd’hui, ce sont 25 emplois créés localement. »
Fort d’une expérience dans de grandes structures, il revendique une approche indépendante, tournée vers le terrain :
« Ici, on parle de qualité, de service et de responsabilité. »
Avec :
2,6 millions d’euros de chiffre d’affaires actuellement
3,2 millions attendus en 2026
un objectif de 4 millions à court terme
la CPDB poursuit son développement tout en anticipant ses limites de production.
L’entreprise entend consolider son modèle sans croissance excessive, afin de préserver sa qualité de service et son ancrage local.