Le sous-préfet de l’arrondissement de Sarreguemines, Wassim Kamel, s’est rendu jeudi 10 septembre 2026 à la Menuiserie Schreiber, à Rouhling. Une visite consacrée au savoir-faire de cette entreprise familiale, mais aussi aux enjeux auxquels elle est confrontée : recrutement, investissements, évolution des marchés et transmission des compétences.
L’histoire de la Menuiserie Schreiber débute en 1946, avec Marcel Schreiber. À l’époque, l’entreprise repose sur une petite équipe et un savoir-faire essentiellement consacré à la menuiserie traditionnelle en bois massif.
En 1972, son fils Étienne Schreiber reprend l’entreprise. Au fil des années, l’activité se développe et les besoins évoluent, jusqu’à rendre les premiers locaux trop étroits pour accompagner cette progression.
En 2005, la menuiserie quitte ainsi Ippling pour s’installer à Rouhling, au 9 rue Hallingen, dans un secteur situé entre Sarreguemines et Forbach. L’entreprise poursuit ensuite son développement avec un agrandissement de ses locaux réalisé en 2015.
Entre-temps, la troisième génération rejoint l’aventure familiale. Martine Schreiber prend la direction de l’entreprise en 2009, assurant à son tour la continuité d’une histoire familiale désormais vieille de huit décennies.
Aujourd’hui, la Menuiserie Schreiber compte une quinzaine de salariés et réalise des ouvrages sur mesure pour les collectivités, les professionnels comme les particuliers. Si les techniques et les équipements ont évolué, l’entreprise conserve une activité centrée sur le travail du bois et la fabrication sur mesure.
Le choix des matériaux fait également partie du savoir-faire de l’entreprise. La menuiserie travaille notamment le pin pour certaines réalisations extérieures, en particulier les fenêtres, et le chêne pour la menuiserie intérieure.
Le chêne utilisé par l’entreprise provient de France. Pour le pin destiné notamment à la fabrication des fenêtres, les approvisionnements viennent principalement de la Forêt-Noire, avec également du bois français lorsque les conditions d’approvisionnement le permettent.
La diversité des activités constitue l’une des forces de la Menuiserie Schreiber. L’entreprise intervient aussi bien dans la menuiserie intérieure, avec la réalisation de portes, placards, rangements, dressings ou encore l’aménagement de bureaux, que dans la menuiserie extérieure, notamment pour la fabrication de fenêtres en bois, fenêtres bois-alu et portes.
Son activité s’étend également à l’agencement de magasins, de bureaux et de différents espaces professionnels. De la conception à la fabrication, jusqu’à la pose, les différentes étapes sont réalisées par l’entreprise, en associant savoir-faire manuel et outils à commande numérique.
Pour Martine Schreiber, cette polyvalence constitue un véritable atout. Elle permet à l’entreprise de conserver un équilibre entre ses différentes activités et de ne pas dépendre d’un seul marché lorsque celui-ci connaît un ralentissement.
Aujourd’hui, la clientèle se répartit entre 60 % de collectivités, 20 % de professionnels et 20 % de particuliers. La Menuiserie Schreiber intervient par ailleurs dans un rayon pouvant atteindre une centaine de kilomètres autour de Rouhling.
Parmi les réalisations évoquées lors de la visite figurent notamment des travaux réalisés à l’école de la Cité à Sarreguemines, ainsi qu’au château de Forbach, réhabilité pour accueillir le conservatoire de musique et de danse.
Une diversité qui permet à l’entreprise familiale de s’adapter aux évolutions de son marché tout en conservant son cœur de métier : le travail du bois et la fabrication sur mesure.
Dans l’atelier de la Menuiserie Schreiber, les équipements témoignent de l’évolution du métier. Pour Étienne Schreiber, la menuiserie d’aujourd’hui est bien différente de celle qu’il a connue à ses débuts. Les nouvelles technologies ont profondément modifié les méthodes de travail, avec notamment l’utilisation de machines à commande numérique qui permettent de gagner en précision et en productivité.
Selon l’entreprise, certains temps de fabrication ont ainsi presque été divisés par deux par rapport aux méthodes utilisées auparavant. La pose sur chantier, elle, reste toutefois soumise aux contraintes propres au métier et n’a pas connu la même évolution.
Si les machines ont pris une place importante dans l’atelier, elles ne remplacent pas pour autant le savoir-faire des menuisiers. Elles viennent l’accompagner et permettent à l’entreprise de faire évoluer ses pratiques tout en conservant le travail sur mesure qui fait partie de son identité.
C’est justement cette alliance entre savoir-faire traditionnel, compétences humaines et outils numériques qui a retenu l’attention de Wassim Kamel lors de sa visite.
« J’ai été très agréablement surpris par le travail de l’entreprise Schreiber », a souligné le sous-préfet, saluant une entreprise familiale qui perpétue son savoir-faire tout en s’appuyant sur des équipements à commande numérique de dernière génération.
Pour poursuivre son activité et accompagner l’évolution de ses métiers, la Menuiserie Schreiber prévoit également de nouveaux investissements. L’entreprise envisage notamment l’acquisition d’une nouvelle machine dédiée à la fabrication de fenêtres, ainsi que d’un équipement supplémentaire pour son activité d’agencement.
Ces investissements doivent permettre à l’entreprise de maintenir son niveau de qualité et de suivre les évolutions technologiques du secteur. Ils représentent toutefois un engagement financier important pour une structure de cette taille.
La question des dispositifs d’accompagnement a ainsi été évoquée lors de la rencontre avec Wassim Kamel. Le sous-préfet a notamment cité France 2030 parmi les dispositifs susceptibles d’accompagner les entreprises dans leurs projets de transformation et de modernisation de leur outil de production.
Pour le représentant de l’État, il est également essentiel de soutenir les entreprises qui produisent, investissent et créent de l’activité sur le territoire.
Les échanges ont également porté sur la place du bois et sur l’avenir de cette filière. Pour Wassim Kamel, cette ressource constitue un véritable atout, notamment au regard des enjeux environnementaux.
Le sous-préfet a ainsi appelé à davantage valoriser le bois dans les projets, mais aussi à renouer avec l’intérêt pour les réalisations en bois. Il a notamment évoqué la nécessité de « retrouver le goût et l’amour du meuble en bois, des fenêtres en bois », en soulignant l’intérêt de cette matière et du savoir-faire qui l’accompagne.
La Menuiserie Schreiber recherche actuellement une personne à mi-temps pour accompagner la direction dans ses tâches administratives. Un besoin qui illustre les difficultés auxquelles l’entreprise peut être confrontée lorsqu’il s’agit de trouver les profils correspondant à ses besoins.
La question du renouvellement des équipes et de la transmission des compétences constitue également un enjeu important. L’apprentissage a longtemps permis à l’entreprise de former de futurs salariés et de transmettre son savoir-faire. Ces dernières années, les profils ont toutefois évolué et la Menuiserie Schreiber s’est également tournée vers des personnes en reconversion professionnelle.
Pour le sous-préfet Wassim Kamel, ces difficultés de recrutement doivent faire l’objet d’une attention particulière. L’État doit pouvoir accompagner davantage les entreprises confrontées à ces problématiques, afin de les aider à répondre à leurs besoins en compétences et à assurer la continuité de leurs activités.